
Paul Valadier, jésuite et philosophe connu et auteur de nombreux livres qui ont fait date dans la littérature catholique contemporaine, nous invite à une réflexion sur la place de la littérature dans nos vies et notre quête de sens.
D’emblée se pose la question de la place de littérature. Est-ce une fenêtre sur notre vie réelle, quotidienne, et visible ? Ou ne serait-ce plutôt une fenêtre ouverte sur l’invisible, sur ce qui nous mobilise de manière consciente ou inconsciente ?
Le livre s’articule autour des univers que la littérature nous dévoile. De grands mystiques tels que saint Jean de la Croix ou Sainte Thérèse d’Ávila ont été influencés par la littérature (p. 13-14).
Mais il convient de rappeler la mauvaise réputation de la littérature auprès des philosophes et des théologiens qui ont y vu un moyen de se détourner de l’essentiel. Pourtant, dans notre temps d’écrans et de virtualité, la littérature retrouve les couleurs du réel. Loin des idéologies philosophiques ou des théories conceptuelles descendantes d’une certaine théologie, la littérature permet de faire exister le quotidien et la distance avec celui-ci, là où se joue justement le chemin du salut.
Quelques exemples comme Nathalie Nothomb ou Kamel Daoud illustrent la vitalité de cette littérature : Chemin privilégié vers l’invisible.
Ce petit livre (125 pages) de lecture agréable ne vise pas à être exhaustif, mais à ouvrir une discussion à travers des analyses que l’on pourrait trouver peut-être un peu rapides, mais qui nous forcent à reconsidérer la place de la littérature que l’on soit croyant ou non-croyant, comme un des chemins pour développer au milieu de l’agitation, notre vie intérieure.
Bien que cette référence ne soit pas mise en valeur dans cet ouvrage, on peut penser évidemment à la Lettre apostolique sur le rôle de la littérature du pape François. Il conclut celle-ci par cette phrase du poète Celan : « celui qui apprend vraiment à voir s’approche de l’invisible ».